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Portugal: 2019, une année électorale qui confirme la prééminence du parti socialiste au pouvoir

Rédigé le 18/12/2019
MAP - Karim Naji


Lisbonne - L'année 2019 a été incontestablement au Portugal une année électorale par excellence marquée par d'importantes échéances, à savoir les européennes, les régionales et les législatives que le Parti socialiste (PS) au pouvoir a franchies avec brio. 

Ces étapes électorales, les européennes du 26 mai, les régionales de Madère du 22 septembre et les législatives du 6 octobre, ont bel et bien confirmé la suprématie et le leadership de cette formation politique sur l'échiquier politique national.

Les premières élections européennes, tenues en mai dernier, constituaient un véritable test de la popularité du PS qui en est sorti non seulement vainqueur mais bien fort pour franchir les prochaines étapes qui allaient suivre. 

En effet, le PS avait remporté le scrutin européen et amélioré son score par rapport aux précédentes, en obtenant 33,38% des voix, avec l'élection de 9 députés sur les 21 sièges au Parlement européen, contre 8 députés lors des élections de 2014 (31,46% des voix).

Quant à son principal adversaire de l'opposition, le Parti social-démocrate (PSD), il est arrivé deuxième, avec 21,94% des voix, en élisant 6 députés contre 7 lors des précédentes (27,71%).

Le Premier ministre, Antonio Costa, avait qualifié ces résultats de "vote de confiance" en faveur du parti et d'une grande victoire pour la gouvernance socialiste au cours de ces 4 dernières années.

Pour ce qui est des élections régionales de Madère du 22 septembre, le PS avait occupé la deuxième position, mais a réussi à priver le PSD de la majorité absolue qu'il détenait depuis plus de 42 ans, laquelle lui permettait de présider à la destinée de cette région.

Le PSD a ainsi obtenu 21 sièges, avec 39,42 pc des voix, suivi de son rival traditionnel le PS, avec 19 sièges (35,76 pc). 

Seule la région autonome de Madère échappe toujours au contrôle des socialistes, qui gouvernent au niveau national et dans la région des Açores.

Le PSD est sorti vainqueur de ces élections certes, mais perdit pour la première fois sa majorité absolue qui lui permettait de gouverner confortablement durant ces quatre dernières décennies. Il était donc contraint de composer avec le Parti populaire pour la formation d'un gouvernement régional de coalition.

Le secrétaire général du PS, Antonio Costa, avait qualifié ces résultats d'historiques jamais réalisés auparavant par son parti. 

A Madère, même s'il a été classé deuxième, le PS a triplé sa représentation au Parlement de cette région, par rapport au scrutin précédent, et réussi à mettre fin à 43 ans de majorités absolues successives du PSD (centre droit).

Le plus grand vainqueur de ces élections régionales, de l'avis de nombre d'observateurs, est bel et bien le PS qui avait triplé son score par rapport aux précédentes où il n'avait obtenu que 6 sièges (11,43 pc des voix), alors qu'il s'était présenté en coalition avec plusieurs autres formations politiques, à savoir le Parti travailliste portugais, (PTP), le parti Personnes-Animaux-Nature (PAN) et le Parti de la terre (MPT).

Quant aux dernières élections législatives, le PS les a remportées haut la main, en obtenant 36,34% des voix et 108 sièges sur les 230 que compte l'Assemblée de la république, dépassant de loin les 86 obtenus en 2015, alors que son rival traditionnel, le PSD, n'en a obtenu que 27,90 pc des voix, soit 77 sièges. 

Les acquis socio-économiques réalisés au cours du mandat du PS, militent en faveur de l'exécutif socialiste, soutenu par une union des gauches composée du Parti communiste portugais, des écologistes et du Bloc de gauche.

En effet, le salaire minimum, qui a été augmenté pour la troisième année consécutive, en janvier dernier, atteint désormais 600 euros par mois et sera encore relevé à 635 euros à partir de janvier 2020, une mesure qui profitera à quelque 720.000 travailleurs. 

Par ailleurs, le gouvernement s'est fixé pour objectif d'atteindre 750 euros à l'horizon 2023, avec une évolution décidée chaque année.

Les pensions de retraites ont été réévaluées, le temps de travail des fonctionnaires a été de nouveau abaissé à 35 heures, contre 40 heures auparavant, le chômage est au plus bas niveau depuis 28 ans, à 6,5%, et la croissance économique est l'une des meilleures d'Europe. 

Tous ces indicateurs positifs profitent à la population qui a vécu depuis 2008, et pendant 7 ans, une véritable crise économique, avec un chômage à plus de 15% et une période d'austérité sans précédent ayant pénalisé une très grande partie de la population. 

Le redressement du Portugal a été spectaculaire depuis 4 ans, à la faveur des différentes mesures sociales et économiques prises par le gouvernement Costa.

Arrivé au pouvoir en 2015 grâce à une alliance avec les partis de la gauche anti-libérale, l'exécutif socialiste a réussi, contre tous pronostics, à tenir ses engagements de rompre avec la logique du tout-austéritaire, et aussi à gagner la confiance des citoyens, pour un second mandat.

Néanmoins, le principal chantier qui attend le nouveau gouvernement sera incontestablement la relance de l'investissement public, dont le déficit chronique commence à se faire clairement sentir, notamment sur les plans des infrastructures hospitalières et des transport.