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Lancement officiel à Bruxelles de l'association « Les amis du Maroc »

Rédigé le 18/12/2019
MAP


Bruxelles - L'association belge « Les amis du Maroc » a été lancée officiellement, lundi soir à Bruxelles, en présence des promoteurs de cette initiative qui se veut « un cercle de réflexion » au service l’amitié belgo-marocaine.

L'initiative qui fédère 150 personnalités belges et belgo-marocaines du monde de la politique, de la culture, des affaires et des médias, a été présentée lors d’un dîner gala au prestigieux Cercle de Lorraine, en présence de l'ambassadeur du Maroc en Belgique et au Grand Duché de Luxembourg, Mohamed Ameur, et de grandes figures du paysage politique, économique et culturel belge, dont des ministres, des parlementaires, des magistrats, des hommes d’affaires, des académiciens, des intellectuels, et des journalistes. 

« Ceux qui sont réunis ici ce soir présentent un point commun. Ce sont des hommes et des femmes de bonne volonté. Ils souhaitent mettre leurs connaissances, leurs expériences, parfois même leur expertise, au service d’une collaboration effective et intelligente entre la Belgique et le Maroc », a affirmé le président de de l'association, le Professeur Francis Delperée à l’adresse de cette « Belgique en miniature » à qui il présentait les objectifs et ambitions de son association. 

Pour cet éminent professeur de l’Université catholique de Louvain et ancien enseignant au Collège royal de Rabat, l’association « Les Amis du Maroc » se place « au service d’une idée, celle d’une compréhension plus grande des réalités belges et des réalités marocaines, de part et d’autre de la Méditerranée ».

« Sa richesse, ce sera son indépendance. Son mérite, ce sera la lucidité, l’intelligence et la clairvoyance de ses positions », a-t-il expliqué au nom des fondateurs, des promoteurs et des administrateurs réunis autour de cette initiative pour créer ce « cercle de réflexion— un think-thank, comme on dit aujourd’hui — ".

Bien que ceux-ci aient des expériences différentes — dans le monde politique, académique, économique, social ou culturel—, le président de l'association a assuré qu'ils partagent tous « une même préoccupation ». 

« Pour nous-mêmes, d’abord. Nous voulons nous faire une idée aussi claire et précise que possible des réalités belges et marocaines. Pour d’autres aussi. Nous voulons partager nos connaissances avec la société dans laquelle nous vivons. Nous voulons nous montrer constructifs au départ de cette connaissance partagée », a-t-il expliqué.

Et d'ajouter que ce cercle de réflexion peut aussi être « un cercle d’action », dans le sens de soutenir des initiatives, fédérer des activités, leur donner le label « amis du Maroc ».

« Nous sommes Belges, pour la plupart. Ou Belgo-Marocains. Notre regard est un regard ami. Un regard que nous souhaitons aussi le plus éclairé que possible. Aussi lucide que possible. Aussi clairvoyant que possible. Aussi constructif que possible. Pour nos deux sociétés », a-t-il soutenu.

Pour cet ancien député et sénateur, le Maroc retient l'attention des membres du cercle « à trois points de vue ».

Il cite d'abord la dimension du « Maroc politique » qui « ne peut nous laisser indifférent ».

« Tant il apparaît comme un havre de paix dans le Maghreb et, plus généralement, en Afrique. Tant il apparaît comme une tête de pont naturelle vers les Etats d’Europe, de l’autre côté de la Méditerranée. C’est aussi la raison pour laquelle nous ne sommes pas indifférents, loin de là, à la recherche de solutions d’autonomie pour le Sahara, dans le sillage des résolutions des Nations-Unies et dans le respect de l’intégrité du Royaume », a-t-il expliqué.

En tant que constitutionnaliste, il a relevé que « la révision de la Constitution de 2011 a introduit des modifications importantes dans le système existant ».

Le deuxième volet concerne, selon lui, « le Maroc économique ». A ce niveau, il a souligné que les chiffres des dernières années réconforteront sans doute ceux qui ont les yeux fixés sur l’évolution du PIB et sur la croissance du commerce extérieur, notamment vis-à-vis de l’Europe et, spécialement, de la Belgique. Avec la question importante de savoir comment répartir au mieux les produits de la richesse à l’intérieur de la société.

Le troisième aspect a trait au « Maroc culturel ». « Les collègues belges qui enseignent dans les grandes universités du Royaume du Maroc peuvent témoigner des efforts qui sont accomplis en matière éducative. Les artistes qui œuvrent ici et là-bas au service de cultures millénaires sont là pour nous inciter à mieux nous connaître et à tirer profit de cette double expérience », a-t-il notamment souligné.

Et de conclure « Nous posons aujourd’hui un geste politique, dans le bon sens du terme. Nous sommes décidés à œuvrer pour la compréhension entre les peuples, entre les Royaumes, entre les Etats. Nous sommes convaincus que cette compréhension peut servir la cause de la paix, de la modernité et de la solidarité. Ici, là-bas et maintenant ».

Pour sa part l'ambassadeur du Maroc a salué cette "belle initiative", "portée par des femmes et des hommes qui ont l’ambition de contribuer au renforcement des liens entre deux monarchies, deux pays, deux peuples liés par une amitié qui remonte loin dans l’histoire, qui partagent des intérêts stratégiques et confrontés à des défis communs » que « seul un engagement fort et une solidarité sans faille peuvent relever ».

L’ambassadeur qui évoque un moment important dans l’histoire des relations entre Belges et Marocains, s’est dit convaincu que l’association « les Amis du Maroc » va donner « une grande impulsion à l’amitié belgo-marocaine ».

Son lancement, a-t-il indiqué, répond à un triple besoin, citant d’abord celui d’« une meilleure connaissance mutuelle entre Belges et Marocains, exigée par le contexte dans lequel nous vivons » et « pour la promotion du débat et du dialogue autour des questions d’intérêt commun, qui préoccupent les citoyens de nos deux pays sans préjugés ni tabous ».

Ensuite il y a, selon lui, le besoin d’ « accompagner la dynamique de partenariat entre les deux pays par des initiatives portées par des acteurs de la société civile et qui concourent à amplifier les liens et favoriser le développement des échanges sur les plans politique, économique, social et culturel ».

S’y ajoute, enfin, le besoin de « hisser nos relations à la hauteur des enjeux que nous partageons, des défis qui nous interpellent et des attentes de nos populations », a poursuivi M. Ameur qui espère voir cette initiative devenir « un espace propice à un dialogue apaisé, fécond et durable au service des deux Royaumes ».

L’ambassadeur a rappelé les liens étroits unissant Belges et Marocains à travers l’histoire, encouragés par la proximité géographique et le positionnement du Maroc qui, situé à la jonction de deux mondes : l’Europe et l’Afrique, a toujours constitué une plateforme d’échange culturel, humain et économique.

Il s’est remémoré aussi les actes héroïques des soldats marocains lors de la seconde guerre mondiale, notamment la bataille de Gembloux de mai 1940, ou encore la contribution des Marocains à « la reconstruction de la Belgique, au développement de son économie, à son enrichissement démographique et culturel et à son rayonnement international ».

« Cette migration temporaire à l’origine, est devenue aujourd’hui une réalité incontournable du paysage humain, politique, culturel et économique de la Belgique », retient l’ambassadeur.

Il a assuré dans ce sens que dans son approche à l’égard de ces communautés installées en Belgique comme en Europe, le Maroc œuvre pour « favoriser leur intégration et leur enracinement dans les sociétés d’accueil sans déracinement ».

Plus récemment, les deux pays ont vu leur histoire commune confortée par la grande mission économique de novembre 2018 au Maroc jamais organisée par la Belgique jusqu’alors, selon l’ambassadeur qui note que cette mission présidée par Son Altesse la Princesse Astrid a été, de l’avis des participants et des observateurs, « un événement majeur dans les relations des deux pays par les perspectives prometteuses qu’elle a ouvertes et le dynamisme qu’elle a insufflé aux échanges économiques ». 

M. Ameur a mis en exergue à cet égard le potentiel de développement « considérable » qui exige « une mobilisation continue pour que les liens économiques se hissent au niveau de l’excellence des liens politiques et humains ».

« Notre satisfaction devant les avancées réalisées n’a d’égale que notre ferme détermination à rendre nos liens privilégiés encore plus denses, plus étroits et plus féconds », a-t-il assuré, saluant tous les acteurs belges et marocains qui par leur talent, leur dynamisme et leur engagement contribuent à l’enrichissement et à la diversification des relations bilatérales.

Convaincu que cette histoire commune, basée sur la défense et la promotion des valeurs et des idéaux en partage est une force pour les deux nations, il a souligné que dans un monde confronté à la tentation du rejet de l’autre et du repli sur soi, celle-ci est « un exemple et un message essentiel, que la Belgique et le Maroc peuvent porter ensemble ».

L'ambassadeur a saisi cette occasion pour souligner les avancées du Maroc sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI, qui « fort d’un projet de réforme moderniste et ouvert et d’une bonne lecture des événements tant sur le plan national qu’international, a fait le choix irréversible de la démocratie, du pluralisme politique, de l’économie de marché et de l’état de droit ».

Il a mis en avant les différentes réformes entreprises par le Royaume, y compris celle du champ religieux pour se prémunir contre l’extrémisme et le radicalisme et renforcer sa stabilité et sa sécurité, ou encore d’autres réformes multisectorielles engagées à temps, grâce auxquelles le Maroc « a fait preuve de beaucoup de résilience et de résistance face aux tempêtes qui secouent toute la région depuis 2011, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui, un îlot de stabilité et de progrès et un partenaire fiable dans la sécurité mondiale ».

Pour M. Ameur, ces progrès ne peuvent pour autant dissimuler les défis auxquels le Royaume est confronté, en référence notamment à la nécessité de « préserver sa stabilité et sa sécurité et celle de son environnement immédiat et proche », de « réussir la réforme du système de l’éducation pour une meilleure adéquation entre formation et emploi et pour que les jeunes trouvent la place qui est la leur dans un Maroc en mouvement » et d’«assurer une meilleure redistribution des fruits des progrès et du développement et réduire les inégalités sociales et territoriales.

« Ce sont d’ailleurs ces multiples défis qui ont été à l’origine de l’appel lancé récemment par SM le Roi Mohammed VI pour l’élaboration d’un nouveau modèle de développement plus robuste et plus inclusif », a-t-il rappelé.

Sur le plan continental, le Maroc a aussi lancé une politique africaine innovante dans son approche et dans son contenu et qui « fait aujourd’hui du Royaume un acteur global en Afrique », a ajouté M. Ameur, faisant remarquer que l’engagement marocain dans le continent africain « ouvre des perspectives nouvelles pour développer un partenariat triangulaire avec l’Europe où le Maroc renoue avec son rôle de pont qu’il a joué tout au long de sa longue histoire entre l’Afrique et l’Europe, entre le sud et le nord ».

Par ailleurs, M. Ameur a mis l’accent sur les efforts du Maroc pour le règlement de la question du Sahara, en présentant un projet d’une large autonomie qui garantit aux populations de gérer directement leurs affaires d’une façon autonome et démocratique.

« Aujourd’hui, cette approche politique mérite d’être soutenue par toutes les forces de paix et de progrès, afin de permettre à cette région, qui constitue la frontière sud de l’Europe, de consolider sa sécurité et sa stabilité et de jouer pleinement son rôle en tant que partenaire fort et solidaire de l’Europe », a-t-il affirmé.

Encourager « une solution politique négociée et réaliste de la question du Sahara qui s'inscrit dans la ligne des résolutions des Nations unies contribuant à aménager un statut d'autonomie pour cette région et qui relance la construction d'un Maghreb uni et solidaire » est l’un des objectifs de la nouvelle association « Les Amis du Maroc » lancée à Bruxelles.

L’association belge vise également à « renforcer les liens de tout ordre ente le Maroc et la Belgique », à « soutenir le Maroc dans ses ambitions de progrès et d'ouverture et dans le rôle que joue le Royaume comme pôle de stabilité en Afrique », et à « favoriser la compréhension entre les deux peuples par les échanges politiques, économiques, culturels et cultuels ».