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Déploiement en Libye: les principales opérations turques à l'étranger

Rédigé le 03/01/2020
AFP


Ankara - Rappel de précédentes opérations de l'armée turque à l'étranger, après le vote jeudi par les députés turcs d'une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye pour soutenir le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU.

Ankara affirme agir en réponse à un appel à l'aide du GNA de Fayez al-Sarraj, confronté à une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui s'efforce de prendre Tripoli.

Rappel de précédentes interventions de l'armée turque à l'étranger:

En juillet 1950, la Turquie participe à une force internationale d'intervention contre les troupes nord-coréennes, soutenues par la Chine communiste.

Quelque 4.500 soldats combattent sous le drapeau des Nations unies lors de la guerre de Corée (1950-1953).

Cette participation va ouvrir la voie à l'adhésion en 1952 de la Turquie à l'Otan, en tant qu'unique membre musulman.

La Turquie est intervenue militairement en 1974 à Chypre en réaction à une tentative de coup d'Etat menée par des Chypriotes grecs voulant unir l'île à la Grèce contre la volonté des Chypriotes turcs.

Elle y maintient depuis dans la partie nord de l'île plus de 30.000 soldats, ce qui constitue une occupation, selon la communauté internationale. Une République turque de Chypre-Nord (RTCN) a été autoproclamée, mais n'est pas reconnue internationalement. Elle applique toutefois des lois distinctes de la Turquie.

La République de Chypre, membre de l'Union européenne depuis 2004, contrôle les deux tiers sud de l'île.

L'armée turque a lancé de nombreuses opérations d'envergure dans les zones montagneuses du Nord irakien contre des bases arrière des rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une sanglante guérilla contre l'Etat turc depuis 1984.

En octobre 1992, elle entre pour la première fois dans cette région lors d'une vaste offensive aéro-terrestre lancée contre des bases du PKK, en collaboration avec le Parti démocratique du Kurdistan (PDK, irakien) de Massoud Barzani.

De mars à mai 1995, Ankara lance une opération aéro-terrestre dans une zone de 220 km le long de la frontière irakienne. 35.000 hommes y sont engagés.

En juillet 1999, quelque 10.000 militaires turcs franchissent la frontière irakienne pour tenter de déloger les séparatistes kurdes. Ils sont épaulés par un millier de combattants du PDK.

En octobre 2011, une opération d'envergure est lancée contre les camps des rebelles kurdes après la mort de soldats à la frontière turco-irakienne.

L'aviation turque bombarde régulièrement des bases du PKK dans les zones autonomes kurdes du Nord irakien.

Depuis 2016, la Turquie a lancé trois opérations militaires dans le nord de la Syrie, où habitent de nombreux Kurdes, pour chasser notamment les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde en Syrie considérée par Ankara comme une émanation du PKK.

D'août 2016 à mars 2017, une première opération contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et la milice des YPG lui permet d'établir un tampon entre les différents territoires contrôlés dans le Nord syrien par des groupes kurdes.

De janvier à mars 2018, les forces turques et leurs supplétifs syriens prennent aux YPG l'ensemble d'Afrine (nord-ouest), à l'issue d'une offensive terrestre et aérienne.

La dernière offensive, lancée en octobre 2019, a permis à la Turquie de prendre le contrôle à sa frontière d'une bande de territoire syrien de 120 km de longueur et d'une trentaine de kilomètres de profondeur.

La Turquie a aussi participé à une opération onusienne en Somalie, à une force d'interposition internationale en Bosnie et à la mission de maintien de la paix des Nations unies au Liban.

Elle a envoyé une force de maintien de la paix au Kosovo et participé à la Force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan.